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  • Maison de Quartier des Eaux-Vives
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Un point de situation sur les enjeux qui concernent l’avenir du monde associatif et de l’animation socioculturelle.

 

 

Pour obtenir une réponse, veuillez simplement survoler sur la question.

Pourquoi les Maisons de Quartier sont-elles des associations autonomes et non pas des services publics ?

Proposer des services, c’est faire POUR et ainsi mettre les gens dans une posture de consommateurs-clients. Par contre, faire AVEC, c’est considérer les gens comme des citoyens capables d’enrichir les réponses à apporter aux problématiques des quartiers. Pour les maisons de quartier, il n’est pas question de devenir des prestataires de service mais bien davantage de stimuler le développement local et ainsi contribuer à la promotion du bien-être social. C’est une logique qui valorise le respect des identités locales, qui développe le travail de réseau où les habitants sont les véritables acteurs d’une forme de démocratie participative.

Concrètement les Maisons de Quartier sont pilotées par des comités d’usagers, généralement habitants du quartier. Ceci permet aux citoyens de jouer leur rôle de révélateurs des besoins et des attentes de la population et permet également un va-et-vient régulier entre le terrain et l'élaboration des projets. Les actions des Maisons de Quartier tirent leur légitimité de la pluralité des points de vue des acteurs qui se mobilisent en leur sein et par conséquent de la représentativité des individus qui composent la mosaïque sociale. D’où l’autonomie importante que nous défendons face à une instrumentalisation politique. Notre autonomie représente notre force car elle permet une meilleure adéquation entre les résultats et les besoins réels de la population.

Voilà pourquoi il est important que les Maisons de Quartier restent des associations autonomes et ne deviennent pas des services publics de la Ville ou du canton.

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En quoi l’institutionnalisation du social est-elle une menace pour la démocratie ?

Dans un contexte où les prestations sociales sont de plus en plus souvent jugées sous l'angle des coûts (et non plus sous l'angle des besoins réels de la population et de la qualité des services proposés), le risque est de tomber dans la logique de « qui paye, commande ». Cette logique fait courir de grands dangers à la dynamique qui a permis à ce jour aux associations et à leur comité de jouer leurs rôles de révélateurs des besoins et attentes de la population. Et surtout, elle nous fait courir le risque de tomber dans un "jeu" politique où les besoins grandissants de la population dépendent toujours davantage des échéances électorales.

Les administrations sont inévitablement plus éloignées des réalités que ne le sont les associations de quartier. Elles imposent une forme de centralisme bureaucratique favorisant la paperasse au détriment du travail de terrain. Progressivement, une uniformisation des pratiques se fait sentir, qui s’accommode mal avec les problématiques propres à chaque quartier. Par ailleurs, nous vivons une époque caractérisée par un manque de vision à long terme qui tend à exiger des Maisons de Quartier des résultats visibles et immédiats, peu compatibles avec leurs missions. Les animateurs, au contraire, agissent et interviennent en amont des difficultés et font un travail de prévention peu spectaculaire qui se construit et demande d’être soutenu dans la durée.

Le fonctionnement associatif des Maisons de Quartier permet aux citoyens de participer aux décisions qui les concernent et d'être soutenu dans la réalisation de leurs projets, renforçant ainsi leur pouvoir. La mainmise de plus en plus prépondérante de la classe politique, c'est inévitablement l'affaiblissement du tissu associatif, le découragement des bénévoles qui s’investissent et par conséquent c'est une citoyenneté - déjà passablement mal menée par notre société consumériste - qui se vide de son sens. L’expertise n’est pas l’apanage des élus car chacun d'entre nous est un expert de son quotidien. Alors n’attendons pas que d’autres se chargent de savoir ce qui est bon pour nous.

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Qu’est-ce qui distingue un animateur d’un éducateur ?

Les finalités de l'animation socioculturelle sont souvent mal perçues, la tentation est constante de réduire cette forme d'intervention à une sorte de service public de loisirs, valable surtout pour les vertus préventives qu'elle exerce auprès de la jeunesse et pour le gain sécuritaire qui en est attendu. La tendance à considérer les animateurs comme des éducateurs est donc grande. Qu'est-ce qui nous distingue alors?

L’animation socioculturelle est inséparablement liée à la notion de citoyenneté, c’est-à-dire liée au principe d’une démocratie participative à l’échelle d’un quartier. Elle défend toutes les formes d'expression de la vie des gens qui renforcent le lien social et permettent des fécondations mutuelles entre les citoyens. C'est donc une fonction collective qui favorise et recrée des solidarités entre les différents groupes culturels, classes sociales et générations. Un métier à contre-courant de la tendance générale à rendre chaque individu seul responsable de son destin social.

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Un bon résumé des enjeux dans cet article:

Nous ne sommes pas des éducateurs mais des animateurs!

Le sens et les finalités de l'animation socioculturelle sont souvent mal perçues. Ci-dessous un article pour approfondir la question:

L'animation
mal comprise

La plateforme romande de l'animation socioculturelle propose des formations, des journées de rencontres entre professionnels du social, de la documentation, etc. Elle défend une vision militante de l'animation et s'adresse à tout le monde: professionnels, étudiants, enseignants ou toute personne intéressée :

www.anim.ch